T.BOON BRIGAND'S

Interview exclusive T.BOON BRIGAND’S

Sep 3 • Interviews, Lifestyle, Musique

Il y a un petit moment, TREMENDOUS ONLY a rencontré un artiste formidable et plein d’énergie. Nous nous devions de vous le faire rencontrer, alors nous sommes allés le voir pour qu’il vous raconte sa vie et vous fasse partager sa passion.

Notre ami s’appelle T.BOON BRIGAND’S et je suis sûr qu’il va vous interpeller et que son art va vous plaire. Installer vous bien et mettez vous chacun de ses morceaux en fond sonores (avec un casque si possible) pendant que vous lirez cette belle interview.

T.BOON BRIGAND'S

 

1. Peux-tu nous parler de tes débuts ? Une petite anecdote ?

Le premier CD que j’ai sorti, c’était en 2000, en FNAC. C’était l’époque où tu pouvais sortir des compilations sans que personne ne contrôle vraiment ce que tu pressais comme CD. Tu envoyais des demandes à la SACEM, en changeant un peu le nom des artistes que tu remixais.

A l’époque, une dizaine de remixeurs faisait ça. Cela m’a permis de rencontrer énormément de DJ, moi-même ne me considérant pas comme l’un d’entre eux mais plus comme quelqu’un qui essayait de faire de la musique. Du coup, grâce à des gars comme DJ PEPET, DJ GLASNAKE ou mieux DJ MEH, j’ai sorti des CD, tels que Showmix, et cela a bien marché. Grace à cela, j’ai été contacté par une grosse majore qui m’a proposé de me signer si je leur proposais un nouveau CD.

 


Au 3e CD (Showmix Rn’B back), la douane a débarqué chez moi et cela a fini au tribunal. Ensuite, je suis retourné voir la big majore en leur disant que j’avais le produit mais que je ne pouvais pas le vendre. Ils ont donc annulé leur proposition.

Alors je me suis retrouvé à me dire : « Merde, je sais faire de la musique, je me suis jamais posé à faire de la composition, je sais faire du piano, j’adore le Hip hop. Qu’est-ce que je vais faire ? ».

A ce moment, j’ai décidé d’arrêter et faire ma propre musique. J’ai fait beaucoup de choses mais je me suis perdu car à cette époque, je voulais vivre de ma musique et non pas FAIRE de la musique.

Pendant 2 ou 3 ans, j’ai fait ça puis j’ai arrêté et j’ai vendu mon matos. Je n’avais pas la fibre commerciale qui fait qu’on touche 5 millions de personnes avec un titre.

Après 5 ans d’inactivité, je m’y suis remis petit à petit. J’ai été signé sur un petit label qui s’appelle « Rec T Ligne », où j’ai fait quelques titres mais sans effet. Certains ont été pris dans un court-métrage, cela m’a flatté, mais rien de plus.

Puis, j’ai continué à faire de la musique, mais juste pour être la vedette de ma chérie ou de mes voisins.

En janvier 2014, je ne sais pas comment te l’expliquer, j’ai sorti un titre sur Soundcloud qui s’appelait HILEY et qui a explosé. Tout est relatif, mais il y a plein de gens qui sont revenus vers moi alors que d’habitude il ne se passait rien.

 

 

Là, j’ai eu 500 écoutes en 1 semaine, des gens qui m’ont suivi, un page Facebook qui s’est réveillée.

Et c’est la première fois que j’ai fait rencontrer la musique que j’aime profondément : L’abstract Hiphop et le 7e Art. Une confrontation (la musique VS le cinéma) que j’avais en moi depuis super longtemps

 

2.    Tes inspirations sont principalement cinématographiques. Pourquoi ce crédo ?

J’adore faire des Battles de répliques de cinéma avec mes potes et, avec Ozzy and Derek, j’ai eu envie de poser des paroles de films sur une musique que j’avais faite.

Comme cela a marché, j’ai voulu continuer. Pour le 2e titre, j’ai fait l’inverse : j’ai pris un film que j’aimais et j’en ai fait un titre.

Chacun de mes titres marche de mieux en mieux, j’ai de plus en plus d’interactions avec le public et cela fonctionne.

J’ai désormais une communauté qui me suit et réagis. Tout ceci m’a valu une interview chez WeGotTalent qui m’a interpelé via Twitter, comme TremendousOnly.

 

Désormais, je choisi des films que j’aime vraiment, sans pour autant savoir ce que cela va donner.

Par exemple, le dernier titre que j’ai sorti, c’est KRANK, inspiré de la Citée des Enfants Perdus. Comment cela m’est venu ? Tout simplement, lorsque j’étais en avion (direction New York) et que j’ai visionné la vidéothèque qui était à ma disposition. Je suis tombé sur ce film et j’ai été inspiré…. à tel point que j’ai pris des photos du film, dans l’avion, et je me suis fait remarqué !

En regardant le film, j’ai entendu des phrases, des bruits (j’adore travailler sur les FX que je fais interagir avec mes rythmiques) et j’ai voulu travailler dessus.

En rentrant à la maison, je me suis demandé ce que cela allait donner. Une musique inspirée du film, comme j’ai fait avec OZZY AND DEREK, de BAD TASTE, ou une musique qui me fait penser au film.

Je suis parti sur le 2e choix car j’étais dans cet état d’esprit.

Il faut savoir que quand je fais mes titres, j’enlève les images et j’écoute les films. Quand j’étais petit, je disais que j’écoutais les images et que je regardais les sons. Aujourd’hui, je découpe les films et je prépare mes beats.

 



Depuis janvier, je me suis trouvé. Je pars du principe que je dois avant tout m’amuser et aimer la musique que j’écoute, sans pour autant me soucier des retombées. Si, en plus, les gens aiment, ce n’est que du bonus !

Ce mariage entre mon plaisir et cette envie de faire de la musique, fait que cela donne du plaisir aux autres. Alors qu’avant, je n’étais pas dans cet état d’esprit et je m’essoufflais.

Désormais, je ne peux plus m’arrêter, je suis dans une dynamique avec une communauté qui répond présent. Et il n’y a pas une semaine où je ne travaille pas sur mes musiques et prochains titres.

Par exemple, pour mon précédent titre, V FOR BOON, j’ai eu 800 écoutes le premier jour. Tout est relatif, mais cela fonctionne.

 

 

3.    Envisages-tu de futures collaborations ?

Oui, j’ai envie de faire interagir beaucoup de musiciens.

Par exemple, j’ai travaillé avec un guitariste que j’aime beaucoup, qui s’appelle Pascal, qui a enregistré sur BONCHANCE pour voir s’il allait se passer quelque chose et qui est aussi venu avec une idée.

Donc on va encore partir d’une nouvelle règle qui est de démarrer d’une composition musicale d’un autre artiste, pour faire un morceau, tout en le rattachant à un film parce que je veux vraiment rester autour de ce projet.

 

4.    Depuis un petit moment, tu nous gratifies de superbes clips qui accompagnent tes titres. Peux-tu nous en dire plus ?

Au début, sur YouTube, je mettais ma pochette et mon son mais je n’avais pas beaucoup de vues. Cela ne marchait pas.

Un soir, je suis tombé sur un de mes titres avec lequel un gars avait fait un montage du film MATRIX. Mon titre datait de 2000, ce n’était pas forcément une création mais plutôt ce que j’avais fait pendant ma période « compilation »

Ce titre avait super bien marché et avait beaucoup de commentaires. J’ai été flatté, j’ai remercié tous les gens que je pouvais remercier et j’ai décidé de proposer des clips pour mes musiques.

J’ai mis un certain temps à trouver des monteurs sérieux et, au final, j’ai fini avec 7 noms de monteurs, dont une nana qui s’appelle Alice et Arsène, le gars qui a fait La Niche du Dob. C’est le actuellement meilleur. Déjà parce qu’il est cool et est très humain.

 

 

J’ai donc 7 monteurs avec qui je travaille, qui ont différents styles et idées et à qui je soumets mes titres.

Par exemple pour HIPHOP LOOMPA, j’ai Adrien qui a détourné le film (la version de 1971) pour faire de Charlie un gros pervers, avec des nanas en maillot de bain, etc…. C’est génial !

 

 

Ca, Arsène ne le fait pas, il prend un titre avec un punch et dynamisme mais sans détourner le film.

Et à côté, j’ai Paul qui délire complètement sur les films et j’ai Alice qui m’a fait BONCHANCE, dans un tout autre style.

 

 

 

5.    D’où vient le nom T.Boon Brigand’s ?

Je suis né dans le milieu du Hip hop, j’ai grandi avec des grands frères de la cité qui me faisait écouter du PUBLIC ENNEMY, AFRIKA BAMBAATAA et ZULU NATION. Tous les potes avec qui j’ai appris à écouter de la musique étaient black et tous s’amusaient à me vanner en me disant que j’étais comme un black avec ma tête de blanc. Que j’étais donc blanc à l’extérieur et black à l’intérieur : un Bounty à l’envers.

A l’époque où j’ai commencé à vouloir faire de la musique, j’ai dû chercher un nom et j’ai gardé cette blague. J’ai pris T.BOON avec une façon d’écrire un peu stylisée.

BRIGAND’S est une référence cinématographique au film L’IMPASSE, ou le personnage principale s’appelle Carlito Brigante. Quand j’ai découvert ce film, j’ai adoré.

Et quand NAS, le rappeur, a commencé sa carrière, il s’appelait NAS ESCOBAR.

ESCOBAR, BRIGANTE, moi je suis un brigand, le fils des brigands…. BRIGAND’S !

Tout vient de là, voilà l’histoire.

 

6.    Tu sais que dans notre société, tout se classe, se définit. Alors si nous devions le faire concernant ton style qu’en serait-il ?

En fait, je ne sais pas.

En tout cas, je ne me considère pas comme un Beatmaker, car c’est un mec qui fait des instru’ avec l’espoir de faire rapper des mecs dessus. Il y en a beaucoup et des très bons et je ne me place pas dans cette catégorie. D’ailleurs, si je ne devais te citer qu’un seul Beatmaker ça serait GREENFINCH qui est très bon. J’aimerai avoir son talent.

J’espère faire un peu d’Abstract Hip hop.

Je suis obsédé par certains artistes comme WAX TAILOR, GRAMATIK et BONOBO. Ils ont 3 univers différents et sont quand même dans l’univers Abstract Hip hop. Alors est-ce que j’en fais aussi ? Je ne fais pas du Hip hop, même si j’ai une grosse référence des années 90, j’aime l’électro (j’ai d’ailleurs sorti des vinyles à l’époque) mais je ne saurais dire ce que je fais.

 

Ma musique, c’est quand on fait ce fameux MIXDOWN ou BOUNCE et qu’on crée un WAV, on se faire plaisir et on aime !

 

7.    Si tu devais choisir, quel serait ton morceau signature ?

Je saurais te répondre mais ce n’est pas forcément mon morceau préféré.

Disons que le morceau le plus efficace que j’ai aujourd’hui, c’est ORFEU. C’est l’un des premiers titres où j’ai réellement inventé une structure de morceaux. Il y a un couplet, un refrain, il y a une vraie guimique. Avant ça, mes titres n’avaient pas une structure aussi marquée.

Par contre, c’est le morceau le moins Hip hop de ma production. En refrain, c’est un vieux qui chante avec une petite guitare. J’adore ce titre ! En plus c’est rattaché au Brésil qui est le pays de ma femme qui est formidable, ma femme autant que le pays (RIRES).

 


Mais ce n’est pas le titre qui me représente le plus et qui résume globalement ma musique.

 

Si je devais réellement choisir un titre, cela serait forcément le dernier. Mais si je prends un peu de recul, alors je pense que mon meilleur titre serait HIPHOP LOOMPA. Je trouve que la rythmique est simple et bonne et la basse est parfaite. Le côté où les Oompa Loompa rappent me plais et j’ai le « smile ». Voilà, c’est LE titre où j’ai le « smile ».

 

8.    Quels mots clefs peut-on utiliser pour te définir ?

#T.BOON : Un petit côté un peu narcissique mais j’adore mon nom d’artiste.

#90BPM : C’est toujours le rythme de début de mes titres.

 #LaLoudnessWar : Parce qu’il faut toujours avoir le son le plus lourd et le plus fat. C’est tellement jusqu’au bout de mes poils.

#Barré : Parce que je suis un peu barré comme mec. Il y a plein de gens qui comprennent pas, parfois moi-même je ne comprends pas.

 

9.    Y’a-t-il un artiste avec qui tu aimerais travailler ?

Il y en a plein… En fait, je joue déjà pas mal avec plein d’artistes, guitaristes, DJ mais la prochaine vraie collab’ que j’aimerai faire et que je vais faire, c’est avec GREENFINCH. On aimerait se dire « moi, j’apporte ça, toi, t’apporte ça » et on construit un morceau ensemble. Ce mec est trop fort, nous nous sommes rencontrés sur internet et cela a tout de suite accroché.

Après si tu parles d’artiste super connu, j’aimerai faire un morceau sur LILY de ARTHUR H. Un peu sur le même principe que la collab’ volée que j’ai fait avec MA BENZ, entre NTM et BRIGITTE.

 


J’adore cette chanson de ARTHUR H au plus haut point. Elle est en 4/4 au niveau rythmique, elle est tellement Hip hop qu’elle ne mérite qu’une chose, c’est qu’on lui ajoute un gros beat avec une grosse basse. Cela ne restera qu’un remix, bien-sûr. J’aimerai travailler avec ARTHUR H, que le mec me dise « fais ton instru’ et je rechante les paroles ».

Pour l’instant, la première chose que je veux faire c’est rendre hommage à sa chanson, en y ajoutant une petite part de moi.

T.BOON BRIGAND'S

 

Photos : Justin Huss | Flickr: justinhuss

 

 

One Response to Interview exclusive T.BOON BRIGAND’S

  1. mr_tboonmr_tboon dit :

    Big up la TEAM TREMENDOUS, merci pour l’interview et merci d’être passionné. on va pas s’arrêter à un interview hein ? #soon

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